Les troubles/les thérapies

Accompagner la maladie

L’annonce d’une maladie est toujours un choc. Qu’il s’agisse d’une maladie grave et de l’angoisse qu’elle suscite, ou même d’une maladie chronique qui peut nécessiter des remaniements importants dans le mode de vie, l’accoutumance à un traitement parfois pénible, l’acceptation de contraintes nouvelles, parfois la gestion  de la douleur, dans de nombreux cas une aide psychologique peut s’avérer utile.
Et ceci d’autant plus que les médecins, souvent concentrés sur la maladie, n’ont pas toujours le temps nécessaire pour préparer le patient à un diagnostic difficile ou à des exigences de traitement devant lesquels le patient se sent seul et désemparé.
Concrètement, comment aider le patient à mieux vivre avec sa maladie, voire à suivre les recommandations nécessaires à sa santé ?

 

Avant tout, le psychologue va mettre toutes ses capacités d’empathie et d’écoute pour acceuillir la parole du patient, qui a besoin de pouvoir exprimer son inquiétude, ses doutes, sa tristesse, sa colère même à une personne bienveillante qui n’est pas un proche et avec laquelle il n’y a pass d’enjeux affectifs.

Le psychologue va être amené à évaluer la façon dont le patient s’adapte à la maladie : niveau de stress, sentiment de contrôle ou pas sur les événements, capacité à mettre des mots sur les émotions ressenties, capacité à aller chercher du soutien auprès des proches, type de stratégies mises en place spontanément : certaines personnes vont réagir de manière très émotionnelle (pleurs, angoisse, ruminations…), d’autres vont chercher à rationaliser en recherchant des informations sur internet ou des avis d’experts….d’autres enfin vont être dans le déni de la maladie….
Différents axes sont utilisés pour aider le patient à accepter la maladie, à suivre un traitement, à changer son mode de vie.

Le psychologue va aider le aider le patient à identifier :

– sa perception de la gravité de la maladie, mais également de son sentiment de vulnérabilité (on peut être conscient de la gravité de la maladie mais ne pas se sentir vulnérable et donc ne pas se sentir assez motivé pour suivre un traitement lourd)

– sa capacité à solliciter du soutien auprès des proches : des études ont montré que ce soutien est déterminant dans la capacité à affronter la maladie. Et pourtant de nombreuses personnes n’arrivent pas à demander cette aide. Le psychologue pourra aider le patient à comprendre les raisons de ses réticences, et à les dépasser.

– les émotions ressenties : quelles sont les plus dominantes ? La peur ? Le sentiment d’impuissance ? La colère ? Le sentiment de culpabilité ?

Une fois ces émotions identifiées, le psychologue va pouvoir mettre en place les stratégies thérapeutiques qui vont aider le patient à mieux vivre la maladie. Il va par exemple :

– faciliter l’expression par le patient de sa peur, y compris vis à vis des soignants, de son entourage. Faciliter aussi l’expression de la colère ou des autres émotions, avec le maximum de compréhension et d’écoute.

– aider à canaliser les réactions émotionnelles par la relaxation, la méditation, la pensée positive, les thérapies dites « d’acceptation et d’engagement » (ACT)…Cette approche thérapeutique qui se situe dans la continuité des thérapies comportementales et cognitives, aide le patient à accepter de vivre les expériences et les émotions négatives plutôt que de lutter pour les éviter.

 confronter progressivement aux situations anxiogènes (expositions progressives et répétées comme dans le traitement des phobies). Par exemple : un patient avec une maladie qui a des conséquences physiques visibles ne veut plus voir certaines personnes par peur du regard porté sur sa maladie. Avec l’aide bienveillante du psy, il va réapprendre très progressivement à affronter des situations redoutées, et s’apercevoir qu’elles sont « gérables ». Dans le cas évoqué, il pourra par exemple préparer un discours explicatif pour désamorcer des questions ou un regard embarrassé. Il pourra éventuellement se préparer à la situation redoutée par des jeux de rôle avec le psy…

– aider à modifier les pensées ou croyances irréalistes ou exagérées  :   une autre façon de voir est-elle possible  ? ( exemple d’approche : « Votre mari/fille/meilleur ami : comment voit-il les choses ? » ) – exercices de décentrement…( « et si c’était votre meilleure amie, que lui diriez-vous « ?)

Le psychologue va aussi aider le patient à trouver la motivation de combattre la maladie et accepter le traitement, les contraintes, et pour cela il va :

-analyser avec lui son/ses projets de vie, et en quoi la maladie les remet en cause
– susciter l’espoir en renforçant le sentiment de maîtrise ( aider le patient à demander/obtenir l’information sur les questions médicales qui le taraudent, mettre en place des stratégies de recherche de solutions)
– l’aider à faire émerger des stratégies d’adaptation
– ramener vers l’action les patients découragés (entretiens motivationnels)
– aider à retrouver du plaisir dans des activités « à côté ».
Enfin le psychologue va aider à gérer le mal-être du patient :
La maladie, le handicap, les effets des traitements portent fréquemment atteinte à l’estime de soi : le patient éprouve de la honte, de la culpabilité, parfois du dégôut face à une image de lui-même qu’il juge dégradée.
Ces sentiments sont cruels et difficiles à exprimer à son entourage. Ils peuvent provoquer aussi le repli sur soi et le sentiment que personne ne peut les comprendre.
Le psychologue va aider à favoriser la verbalisation de ces sentiments, qui doivent pouvoir s’exprimer au moins dans l’intimité de la séance. Puis le psychologue va tenter, mais dans un deuxième temps seulement, de faire relativiser ce sentiment, et d’améliorer l’estime de soi par un certain nombre de techniques.

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